Aller au contenu
Le Bon Cap
Contrat

Peut-on quitter un CDI pour un CDD ?

6 septembre 2026
Peut-on quitter un CDI pour un

Mis à jour le 6 septembre 2026

Quitter un CDI pour un CDD est une démission suivie d’une embauche à durée déterminée, un choix légal qui remplace une stabilité durable par une expérience limitée dans le temps. La décision devient surtout sensible lorsque la mission se termine sans déboucher sur un CDI et que l’accès au chômage est incertain.

En bref : vous pouvez démissionner d’un CDI pour accepter un CDD, à condition de respecter le préavis applicable. La fin du CDD peut ensuite permettre une indemnisation par France Travail si le contrat a été travaillé au moins 65 jours, soit 455 heures, et si les autres conditions d’ouverture des droits sont remplies.

Oui, un salarié peut démissionner de son CDI pour rejoindre une entreprise en CDD. Le motif du départ n’interdit pas la démission, mais celle-ci reste une rupture volontaire du contrat initial.

Avant de fixer votre date d’arrivée dans le nouveau poste, vérifiez la durée du préavis prévue par votre convention collective, votre contrat ou les usages applicables dans l’entreprise. Une arrivée avant la fin du préavis nécessite l’accord de l’employeur, qui peut accepter une dispense totale ou partielle.

Évitez de quitter votre poste sans formaliser la démission et sans accord écrit sur la date de départ. Une absence injustifiée ne produit pas les mêmes effets qu’une démission clairement exprimée et peut compliquer la remise des documents de fin de contrat.

Le CDD ouvre-t-il automatiquement droit au chômage ?

Non. La démission du CDI ne déclenche pas, à elle seule, le versement de l’allocation d’aide au retour à l’emploi. La fin du CDD doit constituer la perte involontaire d’emploi retenue par France Travail, et vous devez aussi remplir les conditions générales d’affiliation.

Lorsque le CDD arrive normalement à son terme après au moins 65 jours travaillés ou 455 heures, cette fin de contrat peut permettre l’examen d’un droit à l’ARE. Il faut également avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures au cours de la période de référence applicable, tous employeurs confondus.

Situation après la démission Conséquence possible Condition à retenir
Le CDI est quitté pour commencer le CDD Pas d’ARE immédiate au titre de cette démission Le départ est volontaire
Le CDD atteint 65 jours travaillés ou 455 heures et se termine normalement Ouverture possible de l’ARE Les conditions générales d’affiliation doivent aussi être remplies
Le CDD dure moins de 65 jours travaillés ou 455 heures Réexamen possible après une période sans indemnisation Saisine de l’Instance paritaire régionale après 121 jours

Cette règle ne signifie donc pas qu’un CDD de trois mois garantit automatiquement une allocation. La durée réellement travaillée, le motif de fin du contrat et l’historique professionnel sont examinés ensemble. Pour approfondir ce cas, consultez aussi notre article sur le chômage après un CDD de 3 mois.

Que se passe-t-il si le CDD est trop court ?

Un CDD inférieur à 65 jours travaillés ou 455 heures ne permet pas, à lui seul, de sécuriser l’accès immédiat à l’ARE après une démission. Si vous restez sans emploi, vous pouvez demander un réexamen de votre situation après 121 jours de chômage non indemnisé.

L’Instance paritaire régionale examine alors les démarches accomplies pour retrouver un emploi et peut décider d’une prise en charge à partir du 122e jour. Cette possibilité n’est pas automatique, ce qui rend la période sans revenus difficile à prévoir avant le départ.

Un calcul simple aide à mesurer le risque. Additionnez le salaire attendu pendant le CDD, les éventuelles périodes sans contrat et vos dépenses fixes. Si votre budget ne supporte pas plusieurs mois sans ARE, la démission doit être négociée autrement ou reportée.

Quelle alternative avant de démissionner ?

La rupture conventionnelle mérite d’être discutée avec l’employeur du CDI avant tout départ volontaire. Lorsqu’elle est conclue et homologuée, elle permet en principe de quitter l’entreprise dans un cadre négocié et d’examiner l’ouverture de droits à l’ARE sans attendre la fin d’un CDD.

Cette solution dépend toutefois de l’accord de l’employeur. Elle ne peut pas être imposée par le salarié et son calendrier doit rester compatible avec la date de prise de poste proposée par le nouvel employeur.

Une autre exception concerne la démission pour suivre un conjoint ou un partenaire qui change de résidence pour un nouvel emploi. Ce motif peut relever des démissions légitimes reconnues par France Travail, avec un accès à l’ARE sans devoir attendre la fin du CDD, sous réserve du respect des conditions propres à cette situation.

Quels éléments vérifier dans le CDD avant de partir ?

Demandez le CDD écrit avant d’envoyer votre démission. Contrôlez la date de début, le terme prévu, le motif du recours, la rémunération, le temps de travail, le lieu d’exercice et les modalités de renouvellement. Une promesse orale ne protège pas de la même façon qu’un engagement formalisé.

Interrogez aussi l’employeur sur la suite envisagée. Un CDD peut déboucher sur un CDI si le besoin devient permanent, mais cette évolution n’est jamais garantie. Une perspective de CDI annoncée à l’oral doit être considérée comme une possibilité, pas comme une promesse ferme.

Le terme du CDD mérite une attention particulière. Lorsque l’employeur rompt le contrat avant son échéance en dehors des motifs légaux, la rupture peut être abusive. La Cour de cassation a rappelé, dans un arrêt du 9 avril 2026, que les dommages et intérêts peuvent au moins correspondre aux rémunérations qui auraient été versées jusqu’au terme du contrat lorsque la rupture anticipée n’est pas justifiée.

Questions fréquentes

Une démission pour suivre son conjoint peut-elle changer la situation ?

Oui. Lorsque le conjoint change de lieu de résidence pour exercer un nouvel emploi, la démission peut relever d’un motif légitime reconnu par France Travail. L’ARE peut alors être étudiée sans attendre la fin du CDD, sous réserve des conditions applicables à cette démission.

Un CDD peut-il servir de tremplin vers un CDI ?

Oui, l’entreprise peut proposer un CDI lorsque le poste ou le besoin se pérennise. Cette possibilité doit rester distinguée d’un engagement contractuel : le CDD ne transforme pas automatiquement la mission en emploi durable.

Que se passe-t-il si l’employeur interrompt le CDD avant son terme ?

Une rupture anticipée qui ne repose pas sur un motif légal peut être considérée comme abusive. Dans ce cas, le salarié peut demander une indemnisation, dont le montant peut au moins correspondre aux rémunérations prévues jusqu’à la fin du contrat.

Sources

Sources consultées le 6 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. Démission d’un CDI : quelles sont les règles, www.legalstart.fr/fiches-pratiques/relations-employeur-salaries/comment-quitter-un-cdi/
  2. Chômage après démission CDI puis contrat CDD | Mes-Allocs.fr, www.mes-allocs.fr/guides/chomage/chomage-demission/chomage-demission-cdi-contrat-cdd/
  3. Peut-on me sanctionner au chômage si je quitte un CDI pour un CDD ? | Droits Quotidiens – Le langage juridique clair, www.droitsquotidiens.be/fr/question/peut-me-sanctionner-au-chomage-si-je-quitte-un-cdi-pour-un-cdd
Partager

À lire aussi